Jules s'amuse des turbulences provoquées par la candidature Bayrou. Turbulences d'autant plus plaisantes, que contrairement au vote extrême, on aurait peu de chose à perdre d'une victoire de Bayrou ; au contraire, Bayrou promet des choses intéressantes au niveau institutionnel :

Dans tous les cas, l'hypothèse Bayrou peut séduire parce qu'elle promet des choses intéressantes en cas de victoire, et bien peu de risques en cas de défaite.

Sauf que Jules mentionne également les conséquences politiques d'une victoire de Bayou, du point de vue de la droite :

Au pire, c'est François Bayrou qui vainc, mais se trouve lié par les voix de droite. Dans tous les cas, c'est une forme de libéralisme balladurien qui s'impose.

Donc, peu de risques en cas de défaite pour ceux que le libéralisme balladurien n'effraient pas ! L'analyse d'Amable du positionnement de Bayrou comme l'émergence d'un "bloc bourgeois" se révèle assez pertinente. Amable voit dans la nouvelle UDF, l'alliance de protégés de la mondialisation de gauche et de droite : à droite, la bourgeoisie possédante, un peu catho, qui recherche un climat social apaisé incompatible avec la rupture néo-libérale de Sarkozy ; à gauche, salariés du public ou du privé qui ne se sentent pas touchés par la précarité et le chômage.

En votant au centre, une partie de la gauche dénonce, consciemment ou inconsciemment, son ancienne alliance avec les ouvriers et petits employés. Ces derniers seraient les grands perdants du libéralisme balladurien. Nous, blogeois, ne sommes pas directement menacés ; on peut facilement s'amuser que telle ou telle canditature mette le bordel dans le train-train politique. En votant Bayrou, on s'épargne également le coté pénible de mère-la-morale et du père fouettard. Mais ce petit plaisir n'est-il pas égoïste au regard du sort réservé aux catégories défavorisées ?