Voter à gauche

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avril 2007 - tous les billets

lundi 30 avril 2007

Opération "Adopte un Bayrouiste"

Tu as voté Ségolène Royal au premier tour (ou tu regrettes de ne pas l'avoir fait) ? Tu as des amis qui ont erré dans le vote bayrouiste et sont hésitants pour le second tour ? Participe à notre grande opération "Adopte un Bayrouiste" ! La boite à outil du militant socialiste fournit de nombreuses fiches arguments et ripostes. Pour ceux qui préfèrent les vidéos, les discours et émissions télévisées sont sur le site Désirs d'avenir. Et si tout cela ne suffit pas à convaincre ton ami Bayrouiste, amène le dans une soirée UMP. Tu peux t'adresser aux Jeunes Actifs.

La rupture ou la social-démocratie ?

C'est la question que pose Bettina Laville, présidente du très social-démocrate Club Convictions. On est devant un vrai choix de société lors de ce second tour entre la rupture libérale (pour les riches) et autoritaire (pour les pauvres) de Sarkozy et une social-démocratie rénovée. La victoire de Ségolène Royal permettrait de mettre en valeur les idées d'une social-démocratie pluraliste et humaniste : priorité à l'europe politique, renouveau démocratique et social, développement durable et affirmation de la dignité du travail. Sur ce dernier point, la rhétorique sarkozyste sur la valeur travail a surtout eu pour conséquence d'évacuer une réflexion nécessaire :

Le vif débat sur la "valeur travail" a bien illustré, pendant toute la campagne, la grande préoccupation des Français, mais le candidat de l'UMP l'a instrumentalisée pour la transformer en un combat fratricide : celui qui croit au travail et celui qui n'y croit pas, comme si celui qui n'a pas de travail n'y aspirait pas et celui qui en a ne pouvait le partager. Ainsi, escamote-t-il la question cruciale des nécessaires évolutions du travail dans notre société et des indispensables réformes du traitement du chômage pour diviser les Français entre paresseux et travailleurs, alors que, par exemple, toutes les statistiques montrent que les Français travaillent plus que les Allemands. Certes, il faut lucidement s'interroger sur l'assistanat – qui doit être l'aide offerte par la collectivité à un moment difficile d'une vie, mais pas le système d'une vie – mais le sarkozysme alimente le rejet des exclus, alors que les réinsérer est un impératif de dignité ainsi qu'une nécessité économique.

"On se pince pour le croire"

C'est la réaction du journaliste du Monde Dominique Dhombres, peu suspect de sympathie pour Ségolène Royal, lorsqu'il a entendu Nicolas Sarkozy s'affranchir de toute réalité en attribuant à Mai 68.... la spéculation boursière. Un grand moment de surréalisme.

'La suite était encore plus ébouriffante. "Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule des parachutes en or, des retraites chapeaux, des patrons voyous", s'écriait-il. Le capitalisme était évidemment parfaitement moral avant 1968, et les patrons voyous ont manifestement lu leur feuille de route sur les murs de la Sorbonne ! Quant aux parachutes en or, c'est bien connu, ils ont été inventés sur les barricades de la rue Gay-Lussac. Pourquoi pas dans les usines occupées ?'

Les raisons de Jacques Delors pour voter Ségolène Royal

Dans l'interview qu'il a accordée dimanche 28 au Journal du Dimanche, Jacques Delors réaffirme son soutien à Ségolène Royal en développant ses arguments, notamment la qualité du projet proposé par Royal :

"Je suis un partisan de l'économie de marché régulée, à la française parce que chaque pays a ses traditions. Ségolène Royal est dans le droit-fil de cette pensée, tout en sachant l'urgence de certaines situations, notamment sociales. C'est pourquoi elle ne promet pas la lune en matière de déficit. Le souci de la dette est là, il faut la réduire progressivement. Mais il faut aussi qu'elle puisse répondre aux impératifs d'une cohésion sociale retrouvée. Ce qui n'empêche pas de faire repartir l'économie. C'est tout à fait possible à court terme, mais surtout à moyen terme, grâce au développement de l'éducation, de la recherche, de l'innovation et à la libération des forces créatrices, notamment celles des petites et moyennes entreprises et des artisans. Tout cela Ségolène Royal l'a compris."

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dimanche 29 avril 2007

Pour une élection adulte

A propos du débat Bayrou/Royal de samedi matin : je n’ai pas l’intention de commenter ici le « fond », les convergences et les divergences… Tout cela est déjà largement fait. Je voudrais seulement insister sur un aspect intéressant de cet événement inhabituel : il contribue à rendre le rituel de l’élection présidentielle plus adulte.

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samedi 28 avril 2007

Voter Royal après avoir voté Bayrou : un choix honnête, pas un chantage.

Lorsqu'on a voté Bayrou au premier tour, c'était dans l'espoir qu'il figure au second et voter à nouveau pour lui. Logique. Alors, maintenant, quoi? Sarkozy? Royal? Ou voter blanc? Il est facile pour nous qui avons voté Royal de dire "ravalez votre déception et passons à la suite". Facile et agaçant, ça va de soi. Alors tentons d'examiner les raisons qui peuvent inciter à voter Royal au second tour après avoir voté Bayrou au premier. Certaines sont stratégiques et donc pas les plus sexy. Mais les points de convergence sont aussi réels que d'autres qui nous ont séparé précédemment.

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vendredi 27 avril 2007

Leçon de droit européen pour Nicolas Sarkozy

Maître Eolas a la gentillesse d'expliquer à Nicolas Sarkozy pour quelle raison l'Europe se mèle du niveau de la TVA. Cette affaire de TVA, il "ne comprend pas" (sic).

"le Président de la République est garant du respect des Traités (article 3 de la Constitution). Or la TVA au niveau de l'Europe, ça vient d'un traité, et pas le moindre. Que le possible futur président feigne de ne pas comprendre ce traité a de quoi laisser circonspect."

"Mais bon, on ne peut pas en vouloir à Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas comme s'il avait été ministre des Finances de mars à novembre 2004, et ministre du budget de 1993 à 1995, non plus, hein."

Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy argumente que "on" veut l'empêcher d'agir. Alors que la réalité est plus prosaïque : le droit doit être appliqué. Sarkozy est le seul candidat à croire que l'état de Droit est un pays étranger.

jeudi 26 avril 2007

Le bobo trotskiste et le plaisir de la connaissance (un électeur de François Bayrou à ses amis de la droite)

Je voudrais revenir sur une bonne nouvelle, pour rassurer ceux qui craignaient que l’éducation ne fût le parent pauvre du second tour de l’élection présidentielle. Le 16 avril, dans le quotidien gratuit 20 Minutes, Nicolas Sarkozy annonçait : « les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. » J’ai la joie d’enseigner le français dans une université scientifique, et d’ailleurs dans une filière que le candidat aime beaucoup, à mi-chemin entre l’informatique et les mathématiques. Je ne peux donc que me réjouir que le candidat promette de nous apporter davantage de moyens, puisque ce cursus permet, effectivement, de trouver du travail.

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"Immoral", "anti-démocratique" voire même "anticonstitutionnel"

Les partisans de Nicolas Sarkozy ont une conception particulière du débat démocratique :

André Santini sur le débat entre François Bayrou et Ségolène Royal : C'est anti-démocratique, c'est même anticonstitutionnel

Jules, Eolas, vous pouvez nous éclairer sur la constitutionnalité d'un tel débat ?

Gilles de Robien sur le fait que François Bayrou ne se soit pas - encore - prononcé : Franchement, c'est aussi immoral, d'avoir emmené 6,8 millions de Français de bonne foi vers un vote en disant 'je serai présent au second tour' - c'est un échec - et en plus de ça les laisser complètement en rade, en disant : 'je ne me prononcerai pas', ça aussi sur le plan politique, c'est immoral.

"Le numéro trois, il fait autre chose"

Nicolas Sarkozy dans Face à la une (via Le Monde) :

"Dans une compétition de football, il y a une finale entre le numéro un et le numéro deux" et "le numéro trois, il fait autre chose, mais il n'est pas dans la finale", a-t-il expliqué. "Dans l'urne, il n'y aura pas de bulletin de M. Bayrou", a tenu a rappeler M. Sarkozy.

"Je ne pense pas qu'on rénove la vie politique en s'abstenant de faire un choix. (...) François Bayrou est tout à fait logique avec sa démarche. Il pense que Mme Royal ne sera pas une bonne présidente de la République, il pense que je ne serai pas un bon président de la République. Au fond, il pense qu'il n'y avait que lui qui pouvait être un bon président de la République"

On lui a expliqué qu'il n'avait pas déjà gagné l'élection ?

mercredi 25 avril 2007

Electeurs de François Bayrou, qu'en pensez-vous ?

La question est posée par lemonde.fr au sujet de sa prise de position ("pas de consigne de vote"), la réponse nous intéresse ici aussi : le débat est ouvert.

Le verbatim de la conférence de presse sur le site bayrou.fr :

Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche.

Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre.

La conférence commentée par un électeur "de gauche" bayrouiste :

Il indique cependant, sourire en coin, qu'il a tout de même "choisi ce qu'il ne ferait pas" ; et invite les auditeurs à le déduire de son analyse. Je devine donc, sinon une légère préférence pour Ségolène Royal, au moins une réticence claire devant le choix de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal ou l'abstention, donc.

Comme moi au soir du 22 avril, donc.

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"Pour un centriste, choisir de ne pas choisir, c’est déjà choisir"

Même mort, Francois Mitterrand fait les analyses les plus justes :

Pour le moment, et pour plagier une formule célèbre, Ségolène Royal est politiquement majoritaire mais elle est électoralement minoritaire. Mais l’espoir demeure. Pour la première fois dans l’histoire électorale, l’arithmétique des résultats découlant d’un scrutin de premier tour d’une élection présidentielle peut s’inverser. Il y a un gouffre entre le bloc Sarkozy-Lepen et le premier des électeurs de François Bayrou qui serait le plus proche de ce bloc réactionnaire, un gouffre moral et par conséquent politique.

Dans ces conditions, ne sous estimez pas la portée du geste que va accomplir François Bayrou ce jour. L’électorat « centriste » était déjà très ébranlé, il n’en sortira que davantage désemparé. Pour un centriste, choisir de ne pas choisir, c’est déjà choisir, et ne pas appeler à voter à droite, cela résonne comme un appel à voter à gauche.

"Pourquoi tant de haine ?"

C'est la question que se pose fort opportunément Sarkozy maintenant qu'il a capté une grande partie de l'électorat frontiste. La droite sarkozyste est sans aucun doute décompléxée. Nous ne répondrons pas ici à la question qu'il pose, Marianne le fait déjà très bien. Comme l'explique Joffrin, nous ne sommes pas animés par la haine, nous combattons un projet économique libéral et patrimonial...

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L'ordre juste plutôt que la violence d'état

Il y a parfois des slogans malheureux, et celui-là y ressemble. Parce que, quand on est à gauche, on peut gouverner avec une armée et une police, mais on ne parle pas d'ordre, c'est une valeur de droite ; on fait de l'ordre honteux, comme si on ne s'en rendait pas compte, et quand on est vraiment obligé, parce que l'ordre établi c'est mal. Et d'accoler "juste" à ce gros mot d'ordre n'a pas suffit à traduire le changement attendu, c'était encore parler d'ordre, c'était encore une erreur.

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mardi 24 avril 2007

L'inacceptable amagalme, par Jacques Delors

je crains que l'exploitation sans vergogne de certains thèmes ne laisse des marques profondes. Je veux parler, évidemment, des travailleurs immigrés et de l'insécurité ou, pis encore, de l'amalgame que certains n'ont pas manqué de faire entre les deux

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Royal propose le débat public à Bayrou

Jamais en retard d'une surprise, Ségolène Royal a eu lundi soir une initiative inédite : elle lui propose un dialogue public, un débat devant les journalistes sur leurs projets respectifs. Les traditionnelles arrières-boutiques en sont pour leurs frais. Sarkozy, lui, préfère laisser planer la menace.

Eric Besson, Dieudonné et le syndrome de Stockholm

Il est difficile de ne pas faire un parrallèle entre les parcours récents d'Eric Besson et de Dieudonné. Ils ont rejoint ces derniers jours, et après les avoir longtemps combattu, Nicolas Sarkozy et le Front National respectivement. On a beaucoup parlé dans le cas Dieudonné de rapprochement idéologique sur des thèses antisémites. Mais on peut également voir dans ce comportement paradoxal un trouble psychologique, une variante du syndrome de Stockholm : après avoir partagé une partie de la vie de leurs adversaires, Dieudonné comme Eric Besson adoptent petit à petit le point de vue de ceux-ci.

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Le générateur de petites phrases sarkozystes

C'est ici :

Je pense qu'il ne faut pas mentir aux Français, les fonctionnaires doivent comprendre qu'il n'y a pas de honte à gagner de l'argent.

J'ose le dire sans démagogie, les jeunes des cités doivent aimer la France ou la quitter.

Je ne suis pas de ceux qui font le jeu des extrêmes, mais il faut parler vrai, les immigrés seront nettoyés au karcher.

Les vraies sont chez petites-phrases.

lundi 23 avril 2007

S'opposer et proposer

Le premier tour à peine clos, commence le ballet des commentaires. Un des plus répétés hier soir a été : Le Pen s'est effondré, enfin. Certes, tout démocrate ne peut que se réjouir de la faiblesse (relative) de son score. Mais la réalité est-elle aussi souriante ? Hélas non. Le Pen est diminué, en chute, sans doute, mais une grande partie de son discours s'est réincarnée en un autre point de l'espace politique français. Et ceci a des conséquences décisives sur la façon d'envisager le second tour.

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Les inégalités en héritage

Dans sa profession de foi, Nicolas Sarkozy propose de supprimer l'imposition de l'héritage afin de réhabiliter le travail :

Je supprimerai les droits de donation et de succession pour que vous puissiez transmettre à vos enfants le fruit du travail de notre vie.

Il va, sur ce point, encore plus loin que le projet de l'UMP qui proposait d'exonérer la transmission des "patrimoines petits et moyens". Le projet UMP ajoutait :

Pour des raisons d’équité, les grosses fortunes et les gros patrimoines, par exemple à caractère financier ou industriel, continueront d’être assujettis

Comme quoi, l'équité a des contours mouvants et confus à l'UMP... Evidemment, l'argumentation se basant sur la valeur travail est absurde : comment valoriserait-on le travail en supprimant un impôt sur le capital ?

Dans cette étude de l'OFCE joliment titrée Les inégalités en héritage, l'auteur critique également la rhétorique de l'UMP :

Les droits de succession ne peuvent pas s’apparenter à une confiscation des fruits du travail. Premièrement, les taux actuels sont loin d’être confiscatoires. Ensuite, le patrimoine ne provient pas que des revenus du travail : les revenus des capitaux contribuent à l’accumulation des richesses, surtout pour les plus grosses fortunes, celles concernées par les droits de succession.

Sarkozy "grand diseur, petit faiseur"

Le magistrat Dominique Barella, ancien président de l'USM (syndicat modéré), ancien membre du CSM, explique que non seulement Sarkozy a fait régresser les libertés publiques, mais que sa politique n'a pas eu d'efficacité dans la lutte contre la délinquance. Même en tant que ministre de l'économie il a contribué à affaiblir la justice, à laquelle il promet aujourd'hui, sans vergogne ni conviction, de donner plus de moyens. A la lueur du passé, il est impossible de le croire.

"Nicolas Sarkozy est le symbole des promesses mensongères chargées de faire croire à l’efficacité de celui qui les tient mais ne se considère pas engagé par leur absence d’effets. Nicolas Sarkozy s’est comporté comme un moulin à réformes, chaque loi qu’il a proposée n’a servi qu’à assurer sa publicité personnelle, à camoufler son échec dramatique en matière de sécurité et à éviter que l’on parle de son bilan calamiteux."

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"Projet contre projet"

Et dès ce matin, la newsletter des amis de Nicolas Sarkozy titrait élégamment "ce que ses amis disent d'elle", en recyclant les perles de la campagne interne. C'est sûr, quand il y a débat, ça laisse des traces, pas comme un gros plébiscite. En tout cas, ça commence bien ; heureusement, côté attaques personnelles, Marianne a fait fort.

samedi 21 avril 2007

Dimanche...

Un choix simple

Cette campagne électorale est à la fois surprenante et inquiétante. Surprenante, car elle est, dans la forme, exactement l’inverse de la précédente : là où la campagne de 2002 était focalisée jusqu’à l’obsession sur un thème unique (l’ «insécurité »), celle de 2007 renvoie au contraire l’image d’un camion fou, naviguant à vue au gré des faits divers, des déclarations « chocs », sans qu’aucun thème ne réussisse à adhérer sur cette patinoire.

Elle est de ce fait inquiétante : non seulement parce que les clivages et les positionnements apparaissent brouillés, mais surtout parce que le processus semble de plus en plus incontrôlable. Ni les candidats, ni les médias, ni les différents acteurs intervenant dans la campagne ne semblent en mesure de maîtriser cet engrenage ; la machine de la propagande politique tourne, dirait-on, toute seule.

La campagne produit de ce fait aux yeux du public une fausse complexité : dans ce maelström idéologique, toutes les spéculations, les conjectures, les anticipations, semblent également valables, menant ainsi à une incertitude de masse. La prospérité sondagière de François Bayrou, qui cache son vide programmatique sous l’espoir « stratégique » qu’il représenterait, est aussi le produit de ce désarroi.

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Joffrin plutôt que Colombani

Dans un étrange édito, Jean-Marie Colombani dit souhaiter la présence de Ségolène Royal au second tour afin d'assurer les chances d'un vrai choix. La suite est surréaliste :

Il sera temps, entre les deux tours, de comparer l'une à l'autre au regard des enjeux de la société française et de la place du pays dans le monde, afin de lever, si possible, les ambiguïtés et les déceptions nées de la campagne pour le premier tour.

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5 bonnes raisons de voter Royal : 5. élire une femme, symbole d'émancipation.

En élisant pour la première fois une femme à la plus haute fonction d'une des plus grandes démocraties, les Français enverraient un message fort de modernité. Dans bien des domaines, économiques, sociaux, et politiques, l'égalité entre hommes et femmes reste un horizon lointain, que l'élection d'une femme nous permettrait de transformer en objectif tangible. Dans un pays où l'égalité piétine, un tel symbole permettrait un nouvel élan.

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vendredi 20 avril 2007

UMPS, la chimère de l'extrême centre

UMPS... Pour la petite histoire, j'ai commencé à voir ce terme sur internet, véhiculé par des militants d'extrême droite, au moment où je me suis un peu intéressé au "net politique" en 2003. À l'époque il s'agissait de prétendre que l'UMP n'était pas un vrai parti de droite et que seul les frontistes étaient les seuls "patriotes" du monde politique. Puis ce fut au tour de militants virtuels d'extrême gauche, qui affirmaient eux que le PS était un parti de droite allié à l'UMP via des deals secrets pour permettre le triomphe du capitalisme mondialisé, et bien entendu, ces militants virtuels qui tenaient un discours aux thèmes et au vocabulaire très proches de ceux des fafs d'en face affirmaient être la "vrai gauche". Ainsi naquit le terme de l'UMPS: les extrêmes, très occupés à se décerner des certificats d'authenticité idéologique décrétèrent que le principal parti de droite et le principal parti de gauche étaient semblables dans leur nature.

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Borloo et la réconciliation "évidemment possible" entre l'UDF et l'UMP

On ne pourra pas dire que l'on n'a pas été prévenu. Comme le rappelle Borloo, qui prépare déjà le second tour, il faut une majorité pour gouverner. Donc attention à ce que l'UMP et Sarkozy après avoir été chassés par la porte ne reviennent pas par la fenêtre :

"il n'y a aucune espèce de raison que demain l'UMP et l'UDF ne continuent pas à avoir une alliance majoritaire et à travailler ensemble"

"chacun a besoin d'une majorité parlementaire". "On n'est pas dans une monarchie où quelques ministres désignés par le roi feraient la politique du pays". "Il faut une majorité pour gouverner. Ce n'est pas qu'une affaire d'un président et de quelques personnalités"

"Les votes sont des décisions, non des messages"

J'ai parlé ici du risque de dérive vers la droite si la gauche n'est pas représentée au second tour. Le vote Bayrou permet en théorie de ne pas choisir entre les projets de société proposés par la droite ou par la gauche mais en réalité (comme j'écrivais déjà ici) ce sont les plus défavorisés qui seraient les premières victimes d'une confrontation (future alternance ?) entre le centre gestionnaire et la droite poussée vers son extrême. Dans cette tribune, Joffrin rappelle que voter c'est décider :

Les coups de billard à trois bandes sont rarement fiables, et la boule blanche disparaît souvent dans le trou de l'inconnue politique. Les votes, faut-il le rappeler, sont des décisions et non des messages. Si l'on vote Bayrou, c'est qu'on décide, vraiment, de faire disparaître la gauche dès le premier tour pour la deuxième fois de suite, autrement dit de la rayer de la carte. S'il y a un message, il est clair : adieu gauche, socialisme, réforme sociale incertaine mais généreuse, lutte contre le libéralisme débridé, humanisation historique du capitalisme. Place aux gestionnaires, qui parlent avec raison de la dette et des déficits mais qui ne prévoient pas grand-chose pour les oubliés du redressement économique, si redressement il y a.

jeudi 19 avril 2007

Rhétorique électorale : la dénonciation de l'UMPS

La dénonciation de l'UMPS (anciennement RPR/PS) est un classique d'extrême droite. Ce coup-ci Le Pen se fait dépasser par le centre :

Comment en est-on arrivé là ? Depuis 25 ans, l’UMP et le PS ont eu tous les pouvoirs, sans exception, en France. En apparence, ils se disputent sur tout. En réalité, ils sont d’accord pour ne rien changer.

Ils n’ont jamais voulu réformer l’État. Ils ont seulement voulu le contrôler. Ils ont pris toutes les habitudes du pouvoir, de ses avantages et de ses facilités. Ils feront tout pour le conserver.

Du coup, Le Pen modernise et affine son discours :

Hélas, dans un même élan de complicité destiné à tromper l’opinion, les partis du système UMP-UDF-PS-PC se sont solidarisés pour maintenir leurs privilèges. Ils ont ainsi permis la réélection de Jacques Chirac. Cinq ans se sont passés depuis… Cinq ans de perdus.

5 bonnes raisons de voter Royal : 3 & 4. Le vote Royal est le vote anti-Sarkozy (et anti-Le Pen) le plus efficace

Pour une partie de l'électorat de gauche ou bayrouiste, une des préoccupations centrales de ce scrutin consiste à faire battre Sarkozy (et bien sûr, Le Pen). Même si les considérations stratégiques ne sont pas, loin de là, la seule motivation du vote, la question du vote "utile" se pose alors.

On a beaucoup glosé sur cette question, et la popularité sondagière de Bayrou repose largement sur le caractère d'opportunité stratégique qu'on lui prête : lui pourrait battre Sarkozy... Or, ce raisonnement est erroné.

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DSK : "Quand on est à gauche, on vote à gauche"

Certains voudraient faire croire que DSK maintient une ambiguïté par rapport dans ses relations avec François Bayrou. Il faut dire qu'il n'est pas aidé par le titre de cette dépêche AFP. PPDA en conclue que DSK ne rejette pas l'idée d'être Premier Ministre de François Bayrou. Pourtant, DSK aurait difficilement être plus explicite sur une éventuelle alliance avec l'UDF que dans la conférence de presse organisée hier :

"Un Premier ministre, sous la Vème République, c'est quelqu'un qui a une majorité. Donc, s'il n'y a pas de majorité socialiste à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de Premier ministre socialiste"

"C'est flatteur et gentil de sa part, une fois, qu'il me trouve quelques qualités, ça devient un peu ridicule lorsqu'à répétition sa campagne consiste à s'approprier des hommes dont la ligne politique n'a jamais été la même que la sienne", a estimé M. Strauss-Kahn, s'en prenant à "un perturbateur qui fait des commentaires que je réprouve". "Je voudrais que François Bayrou soit assez aimable pour finir la campagne de premier tour en parlant de ses propositions et en ne me mettant pas en scène dans ce qu'il entend entreprendre", a-t-il insisté.

"S'il est juste de vouloir organiser au second tour, lorsqu'il opposera Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, un front anti-Sarkozy (...) auquel tous seront bienvenus, ça n'a rien à voir avec un problème d'alliance entre l'UDF et le PS"

"Son choix politique est légitime mais ce n'est pas le mien" "quand on est à gauche, on vote à gauche".

Le 22 avril, mettre la gauche en position de gagner le second tour

Nouvel appel d'intellectuels dans Libé, cette fois en faveur du vote Ségolène Royal dès le premier tour :

Une nouvelle défaite électorale de la gauche serait synonyme de graves menaces contre les libertés fondamentales et l'indépendance de la justice, de régression pour la recherche et d'asphyxie pour la création artistique, de domestication de l'information. Elle ouvrirait toutes grandes les portes à l'insécurité sociale et à la dérégulation économique, repoussant les forces progressistes et les mouvements sociaux en situation défensive et interdisant toute lutte efficace contre la dictature du marché dans l'Union européenne. Elle accentuerait la xénophobie et la criminalisation de l'immigration.

Vidéo pirate : Sarkozy par lui-même

Cette vidéo va faire parler d'elle. A regarder jusqu'au bout !

Sarkozy par lui même

Le meilleur passage à la fin, lorsque, questionné sur l'émission J'ai une question à vous poser, Sarkozy admet une erreur sur les moutons égorgés et la polygamie mais tente de la justifier :

Vous vous mettez dans le truc, j'ai cent gugus que j'ai jamais vu de ma vie, je suis bombardé de questions, je viens de me faire alpaguer par l'homosexuel, j'ai rien contre en tant que tel, je m'en sors sur la différence entre l'amour, le désir, le contrat d'union civile, etc. Là dessus, j'ai l'autre là, harpie...

mercredi 18 avril 2007

"je tiens juste à rester dans un état libre de droit et d'expression"

Reçu dans ma boite mail :

Bonjour à tous,
(...)
Je voulais juste vous rappeler que les sondages donnent deux tendances actuellement, Le Pen-Sarkozy au deuxième tour, synonyme de crise politico-sociale, d'abstension de votes et de honte internationale, ou Sarkozy-Royal, équilibre démocratique et possible relance de la campagne. Bayrou aussi sympatique que charmant, même à droite, ne passe jamais ce premier tour, il reste le quatrième homme quoiqu'il arrive. Alors même si à 4 jours des élections l'idée d'un votre véritablement utile en fait sourire plus d'un je crains malheureusement qu'il faille oublier les bonnes bouilles pour des programmes avant tout solides. Je ne vote pas Royal par conviction pour la personne mais pour tout un parti et les idées qu'il véhicule, et toujours contre les valeurs de la droite. Je n'ai pas les moyens de voter à droite, je gagne moins de 1500 €/mois, n'ai aucun emploi stable et ne suis pas propriétaire, je tiens juste à rester dans un état libre de droit et d'expression.

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5 bonnes raisons de voter Royal : 1. Le choix de la cohésion sociale

La droite fait le pari du brouillage idéologique afin d’éviter une confrontation projet contre projet. Pourtant deux projets radicalement différents s’opposent : au niveau économique et social celui de Nicolas Sarkozy prône le laissez-faire et privilégie les individus. Face au chacun pour soi, le projet porté par Ségolène Royal refuse une société atomisée et brutale et s’appuie sur de nouvelles solidarités afin de promouvoir l’autonomie et renforcer la cohésion sociale.

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5 (bonnes) raisons de voter Royal, dès le premier tour

Il est temps de sortir de la confusion et de revenir à plus de sérénité.

A force de voir chaque jour une nouvelle thématique émerger et chasser les précédentes, la campagne finit par rendre illisibles les clivages et les positionnements politiques. Pourtant, la complexité apparente est une fausse complexité, très largement produite par le traitement médiatique chaotique de la campagne, et par les stratégies de certains candidats qui jouent délibérément la carte du brouillage (Sarkozy au premier chef).

Le choix est pourtant simple : pour tous les électeurs de gauche, et plus largement pour tous ceux qui veulent échapper au danger Sarkozy, c'est le vote pour Ségolène Royal, aux deux tours, qui est la meilleure solution. Pour quelques raisons simples, à la fois de choix de société et de stratégie politique.

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La vérité sur les indemnités de Forgeard

La droite a beau essayer de se couvrir d'oripeaux sociaux, elle n'a comme dans cette affaire, aucune intention de s'attaquer aux injustices ou même d'imposer les règles élémentaires d'éthique et de morale comme dirait l'ex-collègue de Breton au gouvernement :

Il n’en a pas fallu davantage pour que Thierry Breton, le ministre de l’Economie, impose un règlement négocié. Les relations entre les actionnaires industriels et l’actionnaire public ont dès lors pris un tour tellement conflictuel qu’il a fallu faire appel à un Monsieur Bons offices, en la personne de Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, et habituel médiateur des causes impossibles. "Son rôle a consisté à convaincre Noël de partir, et à convaincre les actionnaires d’accepter une séparation à l’amiable, confie un proche du dossier. Et la seule solution intelligente pour sortir de l’impasse consistait à assurer la bonne exécution du contrat".

mardi 17 avril 2007

Sarkozy manque de mémoire... ou de pudeur

Sarkozy évoquant Voltaire, Jules Ferry, Jaurès, BLum... Pour Jean-Noël Jeanneney, la capacité d'oubli des citoyens n'est pas infinie ! La droite en son temps a stigmatisé, calomnié, injurié ces personnes qui ont incarné le progrès social. Mais prenons cet hommage du vice à la vertu pour ce qu'il est vraiment :

C'est peut-être l'aveu d'une gêne secrète devant une évidence : depuis deux siècles, cette droite dont M. Sarkozy est le descendant et l'actuel porte-parole n'a pas cessé de freiner les évolutions du progrès avant de se trouver contrainte, par l'évolution des esprits et par le jeu des forces sociales, à se convertir, en vagues successives, à une partie des principes que les hautes figures dont il est question ont incarnés dans le passé, parfois jusqu'au martyre.

Quoi qu'il en soit, quelque pudeur ne serait pas malvenue de la part d'un homme qui attend, si on le comprend bien, que les leaders de la gauche soient morts pour les aimer à titre posthume. Ségolène Royal est heureusement bien vivante.

La France qui se lève tôt n'est pas muette

Dans l'esprit de la campagne joyeuse que Ségolène Royal appelait de ses voeux, le collectif "La France qui se lève tôt" est allé réveiller les habitants de Neuilly ce matin :

Dans tout autre pays, un ministre qui afficherait de tels bilans (au budget, à Bercy ou à l’intérieur) aurait été sorti du gouvernement. En France il risque d’être élu…Mais ce n’est pas une fatalité : son programme va à l’encontre de la grande majorité des Française et son bilan montre qu’il constitue une vraie menace pour la paix sociale. Que l'on soit lêve-tôt ou pas, que l'on vote à gauche ou au centre, on a tous une bonne raison de ne pas voter Sarkozy. Cela passe par la déconstruction de son discours sur la valeur travail. Un discours qui confine à l'escroquerie, mais que personne ne semble vouloir dénoncer. Aux citoyens de le faire, et de manière bruyante !

Après Jaurès et Neuilly, prochain RDV : vendredi 6h30 M° La Muette à Paris

Cette France-là, vous pouvez la changer !

La campagne « Cette France-là, vous l’aimez ? vous pouvez la changer » s'offre ou s'est fait offrir une pleine page dans libé. C'est violent :

Mais en dépit des traces de tortures marquant son corps, en dépit des preuves relatives à la disparition de ses frères et à sa propre détention, Elanchelvan Rajendram a été débouté et renvoyé au Sri Lanka, le 30 août 2005, suite à un arrêté de reconduite à la frontière. Brièvement incarcéré à son retour au pays, Elanchelvan Rajendram a ensuite tenté de retrouver une vie normale : il a repris ses études, s’est marié et a eu une petite fille, née en automne 2006. À l’aube du 28 février 2007, les militaires qui ont abattu Elanchelvan Rajendram ont tiré seize balles, dont six l’ont atteint. En mars 2007, le ministère de l’Intérieur et l’Office français de protection des réfugiés et apatrides se félicitaient de la diminution substantielle des demandeurs d’asile sur le territoire national.

Marcelle : "Je voterai Royal avec l'enthousiasme modéré d'Ariane Mnouchkine"

Je trouve Smoking, la nouvelle chronique hebdomadaire de Marcelle dans Libé plus réjouissant que la défunte Quotidienne. Il n'y a pas de mystères : il a plus de temps et plus de place. Cette semaine, il nous parle de ses sentiments sur Sarkozy, Besancenot et Royal.

cinq années ont passé, et, par un invraisemblable retournement, les patrouilles de police terrorisent autant que les voyous. Les forces de l'ordre font désordre.

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lundi 16 avril 2007

La République des notables

Chacun des trois candidats principaux a tiré ses propres leçons du 21 Avril 2002 : diagnostic de la crise de la représentativité pour Ségolène Royal, stratégie de la droite décompléxée chez Nicolas Sarkozy et dénonciation de l'alternance gauche-droite pour François Bayrou. Avec un candidat qui essaye de raviver le clivage gauche droite et un qui le dénonce, la droite ratisse large. Pourtant, malgré les divergences apparentes, les deux candidats de droite ont un point commun : la peur de la souveraineté populaire qui les pousse à se reposer sur une République des notables. A gauche, on entend inventer de nouvelles formes de démocratie participative.

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"Seule Ségolène Royal peut battre Sarkozy"

Lionel Jospin sait prendre du recul par rapport aux sondages. Il rappelle que la vocation du Parti Socialiste est de rassembler une majorité autour de lui à gauche, comme le font d'ailleurs les grands partis sociaux-démocrates et ajoute que Rocard et Kouchner ont les mérites de la constance :

Nous avons écarté cette stratégie en 1981, et en 1997 j'ai à nouveau rassemblé la gauche et nous avons gagné.

Si nous l'avions suivie, jamais avec la gauche et François Mitterrand nous n'aurions remporté la victoire du 10 mai 1981 (...) Et si nous avons perdu en 2002, c'est que cette majorité s'est défaite.

Opération "un sms pour la victoire"

Via des amis, une opération sms du 1er tour. L'idée est de convaincre certains indécis en leur envoyant un texto le dimanche matin... Ce n'est pas du spam, il s'agit de convaincre un proche en étant imaginatif et convaincant en moins de 150 signes. Ci-dessous, quelques exemples proposés de sms :

- Le 22 avril souviens-toi du 21 !
- Pour battre la droite, la gauche doit être second tour !
- Fais attention, voter Sarko c'est génétique...
- Bayrou c'est la droite, vote pour ta famille !
- Dans un match PSG-OM, tu voterais pour l'arbitre ?
- Sarko pour cinq ans ? Pitié, vote Ségolène !
- Sarko-Bayrou au deuxième tour ? La double peine...
- Ne te fie surtout pas au sondages... pas de nouveau 21 avril, vote Ségolène !

Je rajoute :

- Ne te trompe pas, Vote à gauche !
- Un sms pour Ségolène = un sms pour la victoire de la gauche

Toi aussi participe au grand concours "un sms pour la victoire" !

"Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux"

Les Belges, en voisins observateurs, sont souvent meilleurs juges que nous de ce qui se passe en France, du moins plus objectifs car pas partie prenante. Leur meilleur quotidien, Le Soir, sort de sa réserve pour nous mettre en garde : Sarkozy est dangereux, "il a franchi la ligne rouge".

"Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias..."

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Sarkozy : demandez aux banquiers

Au moins, c'est clair :

Si c'est Nicolas Sarkozy qui gagne, vite se précipiter sur Accor (consolidation des 39 heures hebdomadaires dans le secteur de la restauration), Axa (libéralisation du marché de la santé) ou TF1 (assouplissement de la loi sur les concentrations)...

Votez Sarko, votez TF1 !

dimanche 15 avril 2007

Une saine odeur de prison

Les dernières sorties de Nicolas Sarkozy sur le gène de la pédophilie ne doivent pas nous induire en erreur. Si évidemment de tels propos ont des relents d'eugénisme, ils ont surtout le mérite d'expliciter l'idéologie déterministe qui sous-tend sa politique et qui explique en partie son échec comme ministre de l'Intérieur.

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Voter Royal, pour que "le niveau monte"

La sociologue Janine Mossuz-Lavau votera Ségolène Royal, mais "pas seulement" parce qu'elle est socialiste. Elle est aussi résolue à agir pour les plus pauvres, qui sont des millions, et elle apporte une nouvelle manière de faire de la politique.

"Ségolène Royal l’a fait. Elle a imposé sa phase d’écoute et en tiré des propositions correspondant non pas à des réflexions muries dans le splendide isolement de bureaux parisiens mais à ce qui se passe sur le terrain, dans le quotidien des gens. Et cela concorde avec ce que j’ai entendu pendant des années. Si elle est élue, je pense qu’elle poursuivra dans cette voie. Et on pourra dire que, pour une fois, en politique, le niveau monte."

Lire la suite ici.

Le 22 avril, les résultats dès 17 heures sur Voter à Gauche !

Plus fort que Morandini, Voter à Gauche publiera le 22 avril toutes les rumeurs et tendances qui circulent dans les rédactions, et ce dès 17 heures...

samedi 14 avril 2007

Ségolène Royal s'exprime dans Charlie Hebdo sur le clivage gauche-droite

Dans le dernier numéro de Charlie Hebdo (en kiosque, 2 euros ; la une ici), Ségolène Royal s'exprime sur le clivage gauche-droite :

CH : Ségolène Royal, qu'est-ce que la gauche peut apporter que la droite n'apportera jamais ?

SR : Je n'ai aucune hésitation là-dessus : l'extension de la Sécurité Sociale. il est là le coeur de la bataille, dans l'affaiblissement de la redistribution et des liens de solidarité, ou dans leur renforcement.

CH : Est-ce là la seule différence ?

SR : Non, bien sûr. J'ai comencé par le cri du coeur , par ce qui pour moi est fondamental. La droite n'ira pas plus loin dans la décentralisation, elle n'osera jamais la réforme de la politique africaine de la France et de la politique de codéveloppement. Moi, si. Elle ne réformera pas davantage le dialogue social, on l'a vu, elle ne fera rien pour le syndicalisme de masse, pas plus qu'elle ne proposera aux salariés d'être représentés aux conseils d'administration de leurs entreprises. J'oubliais : la droite parlerait-elle de la "France métissée" ? C'est là la réalité de notre pays, mais cela semble gêner certains.

La dérive vers la droite n'est pas inéluctable

Sarkozy a fait le pari de la droite décompléxée : depuis l'exemple de Bush, il sait qu'une élection ne se gagne pas forcément au centre mais peut également se gagner sur sa droite. Cette nouvelle offre politique a entrainé de nombreux électeurs vers leur droite : des sympathisants socialistes ont l'intention de voter Bayrou pour faire barrage à Sarkozy, des sympathisants d'extrême gauche Royal pour empêcher une seconde élimination consécutive de la gauche du second tour. Ces derniers savent qu'en cas de défaite de la gauche au premier tour, la dérive risque d'être inéluctable : voyant les électeurs fuir vers leur droite, certains hommes politiques risquent de les suivre, ce qui entrainera d'autres électeurs. Mais cette dérive n'est pas inéluctable : la victoire de Royal est la première étape, nécessaire, pour l'arrêter.

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vendredi 13 avril 2007

LE sondage secret des RG

Si même les Renseignements Généraux ne savent pas garder un secret...

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21 avril bis ?

Une enquête des Renseignements généraux donne Nicolas Sarkozy en tête devant Jean-Marie Le Pen.

La Direction Centrale des Renseignements Généraux est en possession d’une enquête confidentielle sur l’état de l’opinion qui annonce l’élimination de Ségolène Royal au 1 er tour. Cette enquête, effectuée dans le cadre des missions de prise de température de l’opinion sur des thèmes non politiques, baptisée "Mercure", est effectuée sur un échantillon de 15.000 personnes sur tout le territoire français.

jeudi 12 avril 2007

L'Europe de Sarkozy : "chacun pour soi"

Dans cet entretien dans libération, Eric Heyer analyse la proposition de "TVA sociale" de Nicolas Sarkozy : à court terme, une telle mesure pourrait créer des emplois mais au prix d'une baisse du pouvoir d'achat des salariés les plus modestes :

les consommateurs allemands ont subi une perte de pouvoir d'achat. Ce serait les mêmes perdants en France. Et en premier lieu, les consommateurs qui ont des salaires modestes et qui consacrent la quasi-totalité de leur revenu à des achats quotidiens dont le taux de TVA est de 19,6 %.

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La (trop) libérale politique fiscale de Sarkozy

Eric Maurin a la bonté de synthétiser pour nous l'analyse fouillée des propositions de Nicolas Sarkozy en matière fiscale. Pour ceux et celles qui se réveilleraient un peu tard et douteraient encore de la pertinence du clivage droite-gauche.

Sarkozy : la stratégie du brouillage permanent

Partant du désormais fameux échange entre Sarkozy et Onfray, Eric Fassin explicite la démarche de Nicolas Sarkozy, qui consiste à dire tout et son contraire pour brouiller tout repère et laisser le terrain à celui qui l'occupe le plus (à savoir, lui).

Ségolène Royal, étendard et candidate de l'émancipation

Le parcours de Ségolène Royal est placé sous le signe de l'émancipation : émancipation par rapport à la figure du père autoritaire, émancipation féminine et enfin émancipation par rapport au Parti Socialiste (ses éléphants, son premier secrétaire). Si en tant que personne, elle peut être justement considérée comme l'étandard de l'émancipation, la lecture de son projet la place également comme la candidate de l'émancipation.

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mercredi 11 avril 2007

Les candidats notés sur les droits humains

La Ligue des Droits de l'Homme a noté les candidats, et aucun des 3 principaux n'arrive en tête, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. Royal reçoit un 14/20 très correct, Bayrou obtient moins de 8/20 et Sarkozy est bon dernier.

Avant qu'il ne soit trop tard (II)

On avait parlé ici de l'appel dans le Nouvel Observateur de personnalités soutenant Ségolène Royal, candidate de l'espérance. Il existe aujourd'hui un site sur lequel les signataires de l'appel expliquent les raisons de ce choix.

Evelyne Pisier, juriste :

Et si je vote pour Ségolène Royal, c’est que je lui fais confiance pour continuer le combat. En renouant avec la participation des citoyens, des syndicats, des associations, elle tisse résolument un lien entre le privé et le public, un lien, non seulement social comme le nommait Hannah Arendt, mais un lien évidemment politique.

Pap N’Diaye, historien :

L’expression de vote utile est parfois considérée avec suspicion, à gauche, comme une sorte de calcul mesquin délaissant les principes pour un compromis forcément décevant, une forme de trahison des idéaux. Ce n’est pas mon avis. Dans "vote utile", il y un beau mot : "utile". Mon vote pour Ségolène Royal sera précisément un "vote utile".

Une analyse percutante de la campagne

Comment Nicolas Sarkozy est-il parvenu à s’imposer comme le candidat de la rupture tout en étant ministre en exercice ? Que révèlent les bourdes et autres lapsus des candidats ? Pourquoi emploient-ils tant d’oxymores (« rupture tranquille », « ordre juste », « révolution démocratique », « extrême centre »…).

PARLER POUR GAGNER Sémiotique des discours de la campagne présidentielle de 2007

Denis Bertrand, Alexandre Dézé et Jean-Louis Missika

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Ariane Mnouchkine, Ségolène Royal et la genèse d'un monde meilleur

Ariane Mnouchkine appelle à arrêter de tergiverser le soir, dans nos diners et à voter pour Ségolène Royal, seule capable de mettre à une mise au monde d'un meilleur monde :

contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation, et donc pour la culture, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre. Et moi, je vote pour ce chantier.

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mardi 10 avril 2007

Le centre et la stratégie de la fausse rupture

Alors que Bayrou affirme vouloir rompre avec la droite et l'UMP, au niveau local strictement aucune alliance n'a été dénoncée. Sur le terrain, l'UDF est toujours de droite. Dans un article du Monde, cette réalité du terrain n'échappe pas aux élus locaux de l'UDF :

les gens ne comprennent pas de prime abord qu'on veuille rompre avec l'UMP. Il faut expliquer ce qu'on veut faire, que le pays est en pleine crise, qu'il y a nécessité d'une nouvelle donne politique. Culturellement, nos électeurs fonctionnent sur une alliance avec l'UMP. Cela leur semble naturel. (Un rapprochement avec le PS ?) Je ne parle jamais de ce sujet dans mes réunions. Et, on m'en parle peu. Franchement, on ne semble pas prêt à cela. Les alliances, on verra cela après le premier tour. Pour l'instant, chacun roule à fond pour son champion.

L'assemblée départementale, c'est très différent. On est là pour gérer.

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Les députés UDF hésitent à rompre avec l'UMP

Comme quoi certains à l'UDF ont un peu de bon sens.

L'autre député UDF du département, Stéphane Demilly, a pris position en faveur de M. Bayrou, mais souligne que son suppléant lors des élections législatives de juin sera, comme en 2002, Jean-Pierre Viénot, maire (UMP) de Péronne : "Il y a les jeux stratégiques nationaux et le travail sur le terrain. Ce sont deux choses différentes. Les bagarres à Paris, c'est pas mon truc."

Les fantasmes de son président non plus, dirait-on.

"Nous allons être puni, nous allons avoir une mauvaise note !" : bel exemple de machisme ordinaire dans les médias

Ségolène Royal, victime de machisme ? C'est dans l'air mais on n'arrive pas toujours à mettre le doigt dessus... Sauf lorsque Nicolas Sarkozy parle d'hystérie ou, comme dans cette vidéo, quand les journalistes politiques assimilent Ségolène Royal à une institutrice :

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lundi 9 avril 2007

A droite toute !

On croyait Sarkozy "changé", devenu modéré et presque centriste, mais la campagne ne lui aura pas laissé le temps de bien essayer sa nouvelle identité spéciale second tour. Depuis quelques semaines le raidissement droitier du candidat sortant est indiscutable, d'autant plus qu'on n'y a guère pris garde tant les petites phrases ont été distillée progressivement. Partir du centre et déclarer que la gauche est "l'amie des voyous et des fraudeurs", c'est avoir fait un chemin significatif, et pas dans la bonne direction.

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Pour en finir avec les comparaisons foireuses

CPC = CPE ? Voyons ce qu'en dit Piketty, économiste engagé mais sérieux :

Il reste que la comparaison avec le CPE n'a aucun sens : alors que ce dernier concernait tous les jeunes et les mettait sous la coupe réglée des entreprises, le contrat première chance se concentre sur la petite minorité de jeunes sortis sans qualification du système éducatif et leur propose un parcours de formation en alternance. Surtout, tout laisse à penser que cette mesure ciblée aura un bien meilleur rendement économique que les nouveaux dispositifs d'exonérations de charges prônés par Sarkozy et Bayrou.

Notons aussi, car on ne le répétera jamais assez :

Le candidat UMP prétend vouloir revaloriser le travail tout en proposant de supprimer l'impôt sur la fortune acquise par héritage, et nombre de journalistes semblent hésiter à pointer cette évidente contradiction économique.

samedi 7 avril 2007

La France qui se lève tôt

Tout est bon pour réveiller un pays qui se dirige, lentement mais sûrement, vers 5 ans de sarkozysme. Le 6 mai, il sera trop tard. "Rejoignez nous, Réveillez-vous, il est Sarko moins 30".
(...)
Mardi 10 avril, rendez-vous sans faute à 6h (du matin) au métro Guy Moquet (l. 13) pour un parcours bruyant et festif à travers les quartiers, avant d’aller bosser et voter…

La France qui se lève tôt se réveillera-t-elle à temps ?

vendredi 6 avril 2007

Le calvaire de la gauche : le 6 mai, voter Sarkozy pour faire barrage à Le Pen ?

Décidement, cette élection est passionnante : à 1 mois du deuxième tour de l'élection présidentielle, il n'est pas exclu que Le Pen y soit présent et qu'il y affronte Sarkozy (et il n'est même pas certain que ce calvaire soit suivi d'une résurrection...)

Le Pen est en tout cas à un niveau jamais atteint dans les sondages. L'extrême gauche se range déjà derrière Royal par soucis de compromis ; C'est paradoxalement le centre-gauche dont est issue Royal qui manque à l'appel... Mais n'est-on pas toujours trahi par ses proches ?

Quand Sarkozy veut reconstruire la ligne Maginot

Daniel Schneiderman est-il le seul à avoir entendu cette stupéfiante déclaration de Nicolas Sarkozy qui stigmatise l'Allemagne?

L'extrême gauche qui vote Royal

Alors que certains accusent Royal d'être trop à droite, de nombreux sympathisants d'extrême gauche vont voter pour elle dès le premier tour, confirmant que le clivage gauche-droite demeure pertinent. J'en parle ici, Etienne Balibar dans un entretien à Libé le confirme, pour faire échec à la droite :

L'important à mes yeux est moins la personne, le style ou les convictions personnelles de Ségolène Royal que la place qu'elle occupe, les rapports de force entre acteurs politiques et l'usage qu'ils sauront faire de son élection. J'ajoute que l'arrivée d'une femme à la tête de l'Etat est une sorte de révolution, et qu'elle a été la seule à diagnostiquer le déficit de représentation de notre système politique.

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Sarkozy, c'est fini

PARIS – APF (05/04/2007) Le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, devrait confirmer dans la matinée du 6 qu'il renonce à être candidat à l'élection présidentielle du 22 avril prochain.

Voila la rumeur dévoilée... la suite ici.

Merci à Versac.

Le syndrome de la fine bouche

En 2002, Lionel Jospin était trop austère, techno et rigide. Aujourd'hui Ségolène Royal serait démago, réac' ou "trop conne". Peut-être manque-t-il aujourd'hui à gauche un vrai leader charismatique, mais la gauche semble également être victime du syndrome de la fine bouche. La droite a sur ce point un avantage structurel sur la gauche : étant conservatrice, il lui est plus facile de rassembler sur une personne. A l'inverse, lorsqu'il s'agit de porter un projet réformiste et progressiste, il est plus difficile d'être uni. Certains vont voter Ségolène Royal sans hésitations, d'autres parce que c'est un compromis. Mais il n'est pas honteux de faire des compromis, bien au contraire. Faire la fine bouche, c'est pour la gauche s'interdire de construire une majorité et donc se condamner à rester dans l'opposition.

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jeudi 5 avril 2007

«Une forme d’hystérie»

Nos voisins nous ont à l'oeil et trouvent cette campagne très machiste. Les propos de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal n'ont pas suscité de polémique. Alex Vicente en conclut que les Français ne sont probablement pas prêts à élire une femme présidente :

les derniers propos de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal n’ont suscité aucune polémique dans l’opinion. La vive riposte de sa rivale aux attaques qu’il dirigeait contre elle serait «une forme d’hystérie», a-t-il affirmé. Un choix sémantique qui n’est pas hasardeux : jusqu’au XIXe siècle, on croyait que c’était le déplacement de l’hystera (l’utérus, en grec classique) qui provoquait les symptômes de cette névrose extrême et, bien entendu, exclusivement féminine.

Pour le candidat portant virilement le costume du chef de tribu, parler d’hystérie devient un moyen de mettre en évidence l’incompétence de son adversaire, car son instabilité la rendrait inéligible à la présidence, cette fonction réservée aux hommes providentiels.

Plus (0) de cul

C'est le prix à payer...

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LA rumeur sur Sarko

En exclu sur Voter à Gauche !

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Onfray chez grand-mère Sarkozy

On parle sur la toile de cet extrait du dialogue entre Onfray et Sarkozy pour philosophie magazine :

«J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense »

Le portrait de Sarkozy, le candidat qui drape ses poils de loups dans une capeline républicaine, par Onfray intitulé Le cerveau d'un homme de droite est assez croustillant :

Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles.

Sarkozy, politique de la rumeur

Tout le monde s'affole et cherche absolument à savoir LA rumeur que tout le monde a entendu dans toutes les rédactions. Mes informateurs du côté du palais de Ceaucescu siège de campagne viennent de me dire : il parait que Sarkozy a découvert, au détour d'une note, que Blum et Jaurès qu'il cite abondamment étaient de gauche ! Il va y avoir du ménage parmi les conseillers.

Ces économistes qui soutiennent Ségolène Royal (II)

Dans les échos, un appel de 27 économistes en faveur de Ségolène Royal, la mieux placée pour remettre sereinement la France sur le chemin d'une nouvelle croissance, durable et partagée :

Les politiques publiques doivent soutenir l'innovation, l'investissement, non la rente. Ces politiques doivent prendre pleinement en compte les objectifs du développement durable. Il faut attaquer l'échec scolaire à la racine, réformer les universités et offrir une formation professionnelle tout au long de la vie, car le capital humain est le déterminant fondamental de notre croissance. Pour réduire le déficit et redonner des marges de manoeuvre à la puissance publique, l'Etat doit devenir plus efficace, fixer des missions aux services publics et les évaluer. Les entreprises françaises doivent gagner en souplesse pour être compétitives, mais cette souplesse ne peut s'obtenir au prix de la précarité des individus.

Le style du pouvoir : sollicitude contre démonstration de force

Le rapport de Nicolas Sarkozy a l'exercice du pouvoir, qui passe par la démonstration de force et une volonté de puissance, provoque parfois la crainte mais reste systématiquement perçu comme un élément de sa "stature d'homme d'état". A l'inverse, Ségolène Royal tient sa promesse de "faire de la politique autrement", en ouvrant une voie plus moderne.

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mercredi 4 avril 2007

Spectacle de l’ordre

Encore sur le Big Bang Blog. L'autre Judith Bernard également en forme dans un billet sur l'autoritarisme et l'autorité :

Mais c’est là la très belle réussite de sa tendance autoritaire, qui réclame pour s’épanouir un peu de bordel. Au vu de ses résultats concrets, il est tentant de conclure que l’ancien chef des forces de l’ordre a pour le désordre un faible probable, et qu’il est dans tous les cas son point faible.

L’autoritaire dépense beaucoup d’énergie à agiter toutes sortes de chiffons, il sue en gueulantes et en menaces répressives, le plus souvent inefficaces - car l’autoritaire n’a pas d’autorité. L’autorité, au contraire, se reconnaît en général au peu de moyens qu’elle mobilise, parce qu’elle est faite de principes et non d’effets.

L’ordre juste ça veut dire exactement ça : commençons par être justes, car c’est le commencement de l’ordre. Respectons celui à qui nous demandons le respect de la règle, afin de la lui rendre respectable. Et ne nous contentons jamais du spectacle de l’ordre, qui mentant à tous, méprise chacun.

Formulaire de dénonciation d’Enarque en activité

C'est sur le Big Bang Blog. David Abiker est en forme :

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. François Bayrou vient de formuler une proposition qui va sans doute nous aider à repartir dans le bon sens et susciter une très grande espérance populaire. Je souhaite seulement qu’il soit en mesure d’aller jusqu’au bout et ne néglige pas l’Ecole Supérieure de Commerce d’Agen. Car tôt ou tard, il faudra trancher. Là-bas aussi.

Toi aussi, aide le Président Bayrou à redresser le pays et utilise le formulaire joint.

Hannibal, le blog

Hannibal, le groupe de jeunes hauts fontionnaires socialistes qui pensent que le clivage gauche-droite a toujours un sens lance un blog. Une tribune était parue dans libé :

Le Parti socialiste fait sa mue. Nous soutenons sans réserve Ségolène Royal parce que sa capacité à rétablir un lien direct avec les Français est une chance inespérée pour le Parti socialiste : débats participatifs, discussions sur les niveaux de revenus, petites retraites, petites entreprises... même la dette ! Notre candidate a de nouveau ancré le Parti socialiste à sa place naturelle : au coeur des attentes quotidiennes.

Ils expliquent plus longuement leur positionnement et convictions dans leur dernier billet :

Loin de publier une simple tribune de circonstance, nous souhaitions montrer qu’il existe un clivage droite-gauche et que certaines valeurs, certains objectifs politiques sont à gauche et d’autres à droite : échapper à l’affrontement des deux modèles de société que nous proposent Ségolène Royal d’une part et Nicolas Sarkozy d’autre part, est un leurre. Nos convictions nous ont conduit naturellement à soutenir Ségolène Royal.

Via Le monde

Contre la démagogie fiscale

Sur le site d'Alternatives Economiques, les candidats répondent sur le thème de la fiscalité et de la progressivité de l'impôt. Le texte de l'appel "Pourquoi nous consentons à l'impôt" est ici. L'opposition gauche-droite est nette : les candidats de gauche défendent la progressivité de l'impôt dans une optique de justice sociale et de réduction des inégalités de revenu. Ils réhabilitent également la dépense publique, notamment Ségolène Royal :La dépense publique, financée par l’impôt, ce sont des services publics, des investissements pour l’avenir, dont chacun profite, et Marie-George Buffet : à juste raison, le besoin d’un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme.

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mardi 3 avril 2007

Gare du Nord : atmosphère, atmosphère...

De nombreux commentateurs soulignent que l'émeute de la gare du Nord et les incidents de l'école de la rue Rampal sont révélateurs de l’échec de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. On n'a pas dit que cela s'est passé dans les quartiers populaires du nord-est parisien, qui étaient restés calmes pendant que les banlieues flambaient en novembre 2005.

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lundi 2 avril 2007

Néolibéralisme : Royal plus à gauche que ses adversaires le prétendent

L'économiste Bruno Amable a lancé un comparatif des candidats sur l'échelle du néolibéralisme. Sans surprise Le Pen crève le plafond, suivi par Sarkozy et Bayrou. Royal est classée encore plus loin en 6e position, derrière... Dominique Voynet.